Bonneuil en Berry

Bonneuil en Berry

Eliane

 

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Eliane P 


Interviewée par ses 2 petites filles Charlotte et Marie 

 

 

 

 

 

Mamie où es-tu née ?


Je suis née à Azat-le-Riz, dans la campagne, ce n’est pas très loin d’ici, une vingtaine de km. Je suis donc née dans une ferme isolée de la Haute-Vienne, le 17 avril 1950.



Quand es-tu arrivée à Bonneuil ?


 charABanc.pngOn est arrivé en 1956 ou 57.

 

Arriver à Bonneuil était pour moi un évènement important, une grande chose : j’allais habiter chez les Indiens ! Parce que, quand maman m’a dit qu’on allait habiter dans l’Indre, pour moi, c’était chez les Indiens, je me voyais avec les nattes et tout ce qui va avec. J’avais 6 ans.

Quand nous avons déménagé, non pas avec un camion, mais avec un char à banc à cheval, on a mis du temps pour faire ces kilomètres… je me souviens que j’étais contente, mais surtout d’habiter dans un village, hélas il ne me reste pas d’autres souvenirs

 

Quand tu étais à Bonneuil, tu sortais tu avais des copains ?


Oh oui j’en avais des copains, des copines aussi. Il n’y avait ni sms ni facebook, pourtant on se retrouvait régulièrement à l’école, au ‘'caté’' et ensuite sur la place pour jouer

 

 

Tu avais un amoureux ?


smiley2.pngOh oui, bien sûr que j’avais un amoureux, j’allais au bal. On allait à l’"assemblée’', on ne disait pas encore à la fête. On allait danser avec toute la bande: la famille B. : Jacqueline, Joël , Francine, la famille M :Josiane, Jean-Claude, Jacky et puis, quand elle venait, Jasmine B. et sa petite sœur Armelle sans oublier Roland A. Quand il n’y avait pas la fête on s’amusait quand même parce qu’il y avait un café à Bonneuil; le week end on mettait le tourne disque et on dansait dehors : l’école est finie etc.…il y avait beaucoup de monde, on s’amusait bien.

 
Vous savez, avec Jasmine, nous sommes toujours restées copines et plus encore, elle a épousé l’ami d’enfance de votre grand-père. Nous nous voyons régulièrement et chaque fois que Jasmine vient à Bonneuil, tout est prétexte à un retour systématique dans notre enfance. Nous en rions encore…

 


 C’était qui ton amoureux ?


 Alors là les filles, je ne vous dirai pas tout, ce sont mes secrets, il faudra chercher ailleurs, pour les réponses…je peux juste vous dire, que c’était un amoureux dans mon cœur, je ne sais même pas s’il le savait, mais mon cœur battait fort pour lui !

 


Comment tu as connu Papi?

smiley.pngJ’étais jeune, j’avais 15ans, j’ai connu papi en vacances à Royan. Il a fait battre mon cœu r bien plus fort encore!. On a correspondu parce qu’il était loin, c'était un Parisien, et puis je suis allée  travailler à Limoges. Quand il a fait l’armée il m’y a rejointe et on a pu se voir … et puis voilà on s’est marié, j’avais 18 ans. 

2 ans après on a eu Christine qui elle-même a eu ces « 2 chipies » juste là devant moi : Charlotte et Marie. Christine a toujours aimé Bonneuil, comme nous.

 


Comment avez-vous eu cette maison?


  j-AIMEb.jpg C’était la maison d’Armand Dallais . Auparavant, cette famille avait vendu la grange à mes parents qui y avaient aménagé une maison d’habitation, actuellement c’est Robert qui y habite; eux, Armand et sa femme habitaient où  nous  sommes aujourd’hui. Quand mes parents sont arrivés Armand et sa femme étaient âgés et maman avait l’habitude de préparer à manger pour beaucoup de monde, elle leur préparait souvent de la soupe et quelques autres petites choses, que je leur apportais. Elle s’est toujours occupée d’eux.


La femme d’Armand est décédée, puis Armand plus tard. Nous avons acheté la maison à maman, qui en avait hérité, ceci au grand bonheur de votre maman qui y a passé toutes ses vacances et qui conserve plein de souvenirs qu’elle vous racontera sûrement avec beaucoup de plaisir. Elle se promenait dans le village en toute liberté et son grand bonheur était d’aller chez Eliette au milieu des vaches, elle y était souvent.


Vous savez, je passais beaucoup de temps dans cette maison quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup Armand, je n’ai jamais connu mon grand père et c’était lui que je considérais comme tel. Quand il y avait la fête à Bonneuil, il me disait : « tu vas aller voir les ‘'courseurs’'… » et il me donnait une petite pièce pour aller sur les chevaux de bois. Je venais souvent dormir chez lui. J’ai toujours été bien dans cette maison. Aujourd’hui encore j’ai cette même sensation que lorsque j’étais jeune.

 


C’est pour ça que vous êtes revenus à Bonneuil?


Justement oui, et quand Gérald a connu le grand-père, il l’a beaucoup aimé et quand on a eu l’opportunité d’acheter la maison, il a été partant, c’était en 1979. Grand parisien, pur et dur, ça m’a beaucoup étonnée mais c’est ainsi ! Après beaucoup de travaux, d’aménagements et de dépenses d’huile de coude, nous y sommes installés définitivement en avril 2004,  et nous nous y sentons toujours aussi bien.

 


Et tu fais quoi maintenant de ton temps libre, tous les jours à Bonneuil?


Du temps libre je n’en ai pas. Je fais de la cuisine, je vais à la piscine, à la chorale, je pratique aussi du yoga. Je m’occupe de mes orchidées ; je cuisine les bons légumes que tonton Robert cultive.

Autre place importante dans notre vie : nous observons les oiseaux. Notre maison s’appelle d’ailleurs ‘'Les Nids’'  à cause de ça.  Nous nous débrouillons pour avoir plein de nichées et un bon observatoire.

 


Tu ne nous parles pas des associations dans lesquelles tu es pourtant très active?


Une principalement : ‘'AMIS SANS FRONTIERES’'  qui est une association  humanitaire, mais je suis surtout investie dans la branche "De Fil en Aiguille" ce sont des tricoteuses bénévoles qui confectionnent et offrent de la layette à des mamans démunies dans toutes les  maternités de l’Indre. Mais aussi des pulls, écharpes et bonnets qui sont remis aux associations des restos du cœur et foyers de femmes en difficultés, toujours sur le département de l’Indre. Tout est tricoté à partir de don de laine.
Nous vendons aussi les pulls au marché de Noël et lors de différentes occasions (vide greniers, brocantes…) car il faut financer l’achat de laine layette neuve.
Cette action mobilise chaque année un grand nombre de "mamies tricoteuses" qui se réunissent une fois par mois à Chateauroux.

 


Tu fais quoi dans cette association, tu tricotes ???


Je ne suis pas inscrite au bureau, je suis membre bénévole, je fais les marchés, je trie, étiquette et prépare les pulls, avec la déléguée départementale. nous évaluons aussi les dons de laine, leur utilisation et la demande, de façon à recommander tel ou tel tricotage auprès des mamies tricoteuses que nous réunissons mensuellement à Chateauroux. Au passage, je rappelle ou dis à ceux qui ne le savent pas, qu’ils peuvent déposer chez moi toute la laine qu’ils voudront….


Il y a aussi l’association SAHEL présidée par Eliane ROLAND de Parnac. Là aussi je suis membre bénévole, nous récupérons tout ce qui peut favoriser la scolarisation des enfants (livres, matériel vêtements etc) nous préparons les envois effectués vers des personnes de confiance qui sont sur place. Dans ce cadre aussi les dons sont les bienvenus. Bientôt un site de vente d’artisanat local.

 


Peut-on revenir sur les oiseaux ?


Quand j’étais petite, je ne voyais que des oiseaux gris tels que les moineaux.abreuvoir.png C’est en revenant ici avec Gérald, quand nous avons eu acheté cette maison, que j’ai découvert la grande diversité des couleurs et des espèces qui pouvaient évoluer autour de chez nous. Plus tard, lors de notre retour définitif, nous nous sommes inscrits à INDRE et NATURE ce qui nous a permis de développer nos connaissances ornithologiques. Nous avons placés des nichoirs, des mangeoires, baignoires etc ce qui a encore favorisé l’arrivée de nouvelles espèces.

 

Nous pouvons observer par exemple le pic épeiche, 7 perdrix rouges qui venaient manger tous les soirs. Une année nous avons eu 2 gallinules (poule d’eau) qui sont restées 3 jours dans notre cour quand il y avait de la neige …


De fil en aiguille nous avons demandé l’accréditation LPO (ligue protectrice des Oiseaux), que nous avons obtenue . De ce fait nous participons au comptage des oiseaux dans notre environnement. Gérald réalise de très beaux documentaires.

 


D’où le nom de notre maison : « Les nids ».

 

Nous avons été gâtés cette année pourtant l’anecdote commençait autrement : Une nuit, alors que nous hébergions des amis, ils ont entendu des sifflements et autres bruits dans la cheminée de la chambre. Un peu inquiets et fatigués par la nuit blanche, ils nous ont fait part de leurs questionnement au sujet de ces bruits.


La nuit tombée, nous sommes allés écouter ensemble. Je me suis de suite rendue compte qu’il s’agissait sûrement d’un nid de chouettes effraie dite « dame blanche ». A partir de là, de juin à fin juillet nous avons pu observer les premières sorties de nid, puis les nombreuses allées et venues des parents qui venaient les nourrir sur le toit.

Nous gardons un vidéo souvenir de ce cadeau.

 


Parle nous de tes orchidées


orchideeColombe2.jpgLe démarrage est une drôle d’histoire, certains diraient un heureux hasard : J’étais jeune dans les années 80, le mari d’une de mes collègues travaillait à Rungis et un jour, il lui a rapporté une clayette de boutures d’orchidées à planter.

Elle les a distribuées au bureau et la compétition a commencé : qui obtiendrait la première fleur ?

 

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Le virus était en place… collection et passion n’ont cessé de grandir. Il faut dire que ces premières boutures ont vécu jusqu’à ces dernières années, il s’agissait de phaleanopsis qui ont dû mourir de vieillesse après m’avoir comblée de floraisons successives.

 

Cymbidium2.jpg

 

 

Il en va de même pour les orchidées arrivées par la suite, je dois avoir une  douzaine de variétés (phaleanopsis, cymbidium, sabot de vénus, oncidium etc) qui me régalent chaque année de magnifiques fleurs.

 

 

 

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     Il  n’y a pas que les orchidées, Mamie !


       Oui bien sur il y a toutes les fleurs du jardin et mon mini potager.

 

 

 

SUCCULENTES.jpgA ce moment de ta vie, quelle est la plus grande leçon que tu retiens ?


J’ai commencé à travailler très jeune, la retraite est arrivée tôt. J’ai considéré cela comme une grande chance.


Nous vivons ici depuis 2004 et c’est un grand bonheur ! Ma vie, si je devais la recommencer, ce serait TOUT pareil, je ne changerais rien et la retraite à Bonneuil c’est super !



Qui pourrait s’imaginer qu’on peut être aussi bien à Bonneuil, au bout du monde ?

Nous, nous le savons bien parce qu’on est tellement heureuses de revenir,mais Mamie, tu es sûre qu’il faut le dire à tout le monde ?

 


Merci à Charlotte et Marie, et à toi, précieuse Eliane, longue vie à Bonneuil !   

 

 

 

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03/01/2015
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