Bonneuil en Berry

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Bougies et bâtons d'encens

 
A partir d'un extrait d'article de la revue "Que choisir"
 
 

Après les émissions des sprays assainnissants et des aérosols désodorisants, cap sur les encens, les bougies, le Papier d’arménie et les parfums d’intérieur qu’on chauffe. De mal en pis…

Les encens - Un cocktail de cancérogènes

Nos résultats de laboratoire sont effarants. Brûler un bâtonnet fait respirer un concentré de polluants cancérogènes qu’on ne devrait jamais retrouver dans l’air d’un logement. Entre benzène, formaldéhyde et particules fines, on cumule ce qu’il y a de pire, et à des teneurs significatives. Il ne s’agit pas de traces à peine détectables mais de concentrations qui dépassent parfois les valeurs recommandées pour l’air intérieur, alors qu’on est en présence d’une seule source de pollution qui peut s’ajouter à d’autres. On respire un air qui contient de 6 à 26 µg/m3 de benzène en fin de combustion quand on brûle les encens testés. Pour un cancérogène qui agit par inhalation, c’est préoccupant. Compte tenu de sa toxicité, il est indispensable de limiter au maximum son exposition au benzène. Pour le formaldéhyde, lui aussi cancérogène par inhalation, les pics atteignent de 12 à 52 µg/m3 pour une recommandation fixée à 50 µg/m3 sur le court terme et une teneur qui ne devrait pas excéder en moyenne 10 µg/m3 dans les logements sur le long terme, notamment pour se protéger de ses effets cancérogènes. L’air de la pièce se charge également en particules fines à de fortes concentrations, plusieurs centaines de microgrammes par mètre cube d’air, alors que la recommandation de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) est de 25 µg/m3 en moyenne sur 24 h. De plus, les encens émettent de l’acroléine, un irritant si puissant que le seuil acceptable dans l’air intérieur est très bas, même sur le court terme. Tous les encens le chargent en teneurs bien supérieures. Les contaminants que les encens font respirer figurent sur la liste des polluants les plus prioritaires en termes de santé publique. Le formaldéhyde et le benzène sont les deux substances les plus « hautement prioritaires » du classement établi par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, et l’OMS classe le benzène parmi les dix produits chimiques qui posent un problème majeur de santé publique. Que Choisir conseille de se débarrasser de ses cônes ou de ses bâtonnets d’encens. Les deux formats polluent gravement, et le bâtonnet est encore plus émissif que le cône. Ils ont beau être fabriqués « dans le respect de la tradition », être « élaborés à partir d’ingrédients naturels » et « sans produit chimique nocif ajouté », précise Maroma, ce sont les pires parfums d’ambiance. Avec les teneurs en benzène qu’ils relarguent, les encens devraient être interdits de vente le jour où l’étiquette « polluants » sera imposée aux parfums d’intérieur. En attendant que la réglementation évolue, la mention « émet des composés cancérogènes » ne serait pas superflue.

Les bougies - Le pire côtoie l’acceptable

Six bougies testées, dont une qui n’est pas émissive du tout, trois qui le sont peu et deux qui le sont trop. Avec des résultats aussi disparates, difficile de donner un conseil d’achat. Tant qu’il n’y aura pas d’étiquetage des émissions de polluants, impossible de savoir quelles sont les bougies non émissives. Or, tomber par hasard sur l’Air Wick Perlsessence c’est ennuyeux, on respire trop de particules fines. Parfumer avec l’Iba Fleur de tiaré est encore plus déconseillé. « Son parfum intense et sophistiqué aux notes florales de tiaré est une véritable invitation au voyage », annonce l’emballage. Mais la bougie émet du formaldéhyde, de l’acroléine et des particules fines, à des teneurs certes très inférieures à celles des encens, mais pour des substances aussi préoccupantes, c’est encore trop.

Brûle-parfum et photophore - Ça passe pour nos deux échantillons

Que ce soit dans le brûle-parfum ou le photophore, les huiles essentielles ne brûlent pas, elles sont chauffées indirectement par la bougie. C’est le cas avec les deux références testées : huiles essentielles d’ambiance composition désodorisante de Quésack dans le photophore Orion de la marque, et le concentré Ambre d’Esteban sur le brûle-parfum ­Terrebrune de Nature & Découvertes. Il semble que ce chauffage indirect soit une façon peu polluante de parfumer son intérieur. Sans être nulles, les émissions sont faibles.

Le Papier d’arménie - Dangereuses particules fines

On est soulagé quand on compare les émissions du Papier d’arménie à celles des encens. Les teneurs en polluants envoyées dans l’air de la pièce sont nettement plus basses. Mais pas anodines. Si les émissions de benzène sont trop minimes pour être vraiment inquiétantes, brûler une petite feuille de Papier d’arménie charge l’air en acroléine et en particules fines à des niveaux inacceptables. À la fin des quelques minutes de combustion, la valeur fixée pour les effets à court terme de l’acroléine (7 µg/m3) est dépassée. Et concernant les dangereuses particules fines, la lamelle de Papier d’arménie émet autant qu’un cône d’encens, autrement dit beaucoup trop. « Le plus ancien désodorisant naturel de l’air ambiant » charge l’air du logement d’un composé très irritant et de particules fines, Que Choisir le ­déconseille vivement.

 

 



13/11/2015
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